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Nous avons analysé 55 boutiques Shopify : voici leurs défauts d'accessibilité

Aucune des 55 boutiques analysées n'est exempte de défaut. Neuf sur dix ont un problème de contraste. Et trois quarts des problèmes viennent du thème, pas du travail du marchand. Voici les chiffres.

Méthode, et ses limites

Nous avons analysé automatiquement 55 boutiques Shopify réelles, sur six gabarits de page chacune : accueil, collection, fiche produit, panier, recherche et contact. L'analyse porte sur les critères du référentiel WCAG 2.1 niveau AA vérifiables par une machine.

L'échantillon mélange de grandes marques internationales et des petites et moyennes entreprises françaises. Il n'est donc pas représentatif du commerce en ligne français, et 55 boutiques restent un petit nombre. Ces chiffres donnent un ordre de grandeur, pas une mesure.

Précision importante : une analyse automatique ne couvre qu'une partie des critères d'accessibilité. Les chiffres ci-dessous sous-estiment donc la réalité. Les défauts qui demandent un jugement humain, comme la pertinence d'une description d'image ou la logique de l'ordre de navigation, ne sont pas comptés.

Aucune boutique n'est nommée dans cet article. Les résultats sont agrégés.

Premier constat : aucune boutique n'est indemne

Sur les 55 boutiques, aucune n'affiche zéro défaut. La médiane s'établit à quatre problèmes distincts par boutique, la moyenne à 4,8, et la plus atteinte en cumule douze. Trois boutiques seulement s'en tirent avec un unique problème.

Au total, 265 problèmes distincts ont été relevés, représentant 5 702 occurrences réelles sur les pages analysées.

Cette universalité mérite d'être soulignée. Il ne s'agit pas de boutiques négligées : l'échantillon contient des marques connues, dotées d'équipes techniques. L'accessibilité n'est simplement pas dans les habitudes du métier.

Le contraste écrase tout le reste

Un défaut domine, et de très loin : le contraste insuffisant entre un texte et son fond touche 91 % des boutiques. Il représente à lui seul 44 % de toutes les occurrences relevées.

Sur une boutique concernée, on compte une médiane de 14 occurrences. La plus touchée en affiche 254.

Les défauts les plus répandus

Part des 55 boutiques concernées par chaque défaut
Défaut Boutiques concernées
Contraste insuffisant91 %
Liens sans intitulé58 %
Images sans description49 %
Boutons sans nom36 %
Éléments cliquables imbriqués36 %
Listes mal structurées29 %
Zone défilante inatteignable au clavier25 %
Champs de formulaire sans étiquette15 %

Ces huit défauts se corrigent tous, et les trois premiers représentent l'essentiel du travail. Nous détaillons chacun d'eux dans nos fiches de correction.

Le résultat le plus intéressant : d'où viennent les défauts

Nous avons cherché, pour chaque problème, s'il provenait du contenu saisi par le marchand, de son thème, ou d'une application tierce installée sur la boutique.

Origine des 265 problèmes relevés
Origine Part des problèmes Part des occurrences
Thème75 %78 %
Contenu du marchand10 %5 %
Application tierce3 %7 %
Non déterminé12 %11 %

Trois quarts des défauts viennent donc du thème. C'est l'information la plus utile de cette étude, et elle a deux conséquences opposées.

La bonne nouvelle : le marchand n'est pas responsable de l'essentiel des problèmes de sa boutique. Il a acheté ou installé un thème qui les contenait déjà.

La mauvaise : il ne peut pas les corriger seul depuis son administration. Il lui faut un développeur, ou l'aide de l'auteur du thème.

Seules 49 % des boutiques analysées présentent au moins un défaut que le marchand peut traiter lui-même en quelques minutes, typiquement une image sans description. Pour l'autre moitié, tout passe par du code.

Un défaut sur deux est structurel

42 % des problèmes relevés apparaissent sur cinq gabarits de page ou plus. Autrement dit, ils viennent d'un élément partagé : l'en-tête, le pied de page, le menu, une carte produit.

C'est une excellente nouvelle pour qui doit corriger. Un seul changement dans le thème élimine des dizaines d'occurrences. À l'inverse, corriger page par page revient à traiter le symptôme.

À l'opposé, 40 % des problèmes n'apparaissent que sur un seul gabarit, souvent la fiche produit ou le panier.

La gravité des défauts

Sur les 265 problèmes, 83 sont classés critiques et 175 sérieux. Les défauts mineurs sont marginaux.

Un défaut critique bloque complètement un utilisateur : un bouton d'ajout au panier sans nom accessible, un sélecteur de taille inatteignable au clavier. Ce ne sont pas des inconforts, ce sont des ventes perdues.

Et les boutiques françaises ?

Sur le sous-ensemble de 20 boutiques françaises de taille moyenne, le score médian s'établit à 44 sur 100, avec un minimum de 28 et un maximum de 65. Aucune ne dépasse 65.

Les grandes marques internationales de l'échantillon obtiennent des scores sensiblement meilleurs, ce qui s'explique simplement : elles disposent d'équipes techniques et, pour certaines, d'une obligation légale plus ancienne.

Ce qu'il faut en retenir

  1. Aucune boutique n'est accessible par accident. Si vous n'avez rien fait, vous avez des défauts.
  2. Commencez par le contraste. Neuf boutiques sur dix sont concernées, et c'est souvent réglable dans le personnalisateur de thème, sans développeur.
  3. Identifiez l'origine avant de corriger. Trois quarts des défauts viennent du thème, donc traiter le thème vaut mieux que traiter les pages.
  4. Les défauts présents sur plusieurs gabarits sont les plus rentables à corriger.
  5. Ces chiffres sous-estiment la réalité. Une partie importante des critères exige une vérification humaine, que la réglementation européenne impose également.

Accessia réalise cette analyse sur votre boutique Shopify, explique chaque problème en français, et indique pour chacun s'il vient de votre contenu, de votre thème ou d'une application tierce.

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